Combats contre des éléphants (Pline l'Ancien)
Combats contre des éléphants (Pline l'Ancien)
TEXTE LATIN
1. Pompei quoque altero consulatu, dedicatione templi Veneris Victricis, viginti pugnavere in Circo, aut, ut quidam tradunt, XVII, Gaetulis ex adverso iaculantibus, mirabili unius dimicatione, qui pedibus confossis repsit genibus in catervas, abrepta scuta iaciens in sublime, quae decidentia voluptati spectantibus erant in orbem circumacta, velut arte, non furore beluae iacerentur...
2. Sed Pompeiani, amissa fugae spe, misericordiam vulgi inenarrabili habitu quaerentes supplicavere quadam sese lamentatione complorantes : tanto populi dolore, ut oblitus imperatoris ac munificentiae honori suo exquisitae, flens universus consurgeret, dirasque Pompeio, quas ille mox luit, imprecaretur.
3. Pugnavere et Caesari dictatori tertio consulatu eius viginti contra pedites D, iterumque totidem turruti cum sexagenis propugnatoribus, eodem quo priores numero peditum et pari equitum ex adverso dimicante : postea singuli, principibus Claudio et Neroni in consummatione gladiatorum.
PLINE L'ANCIEN, VIII, 7.
TRADUCTION
1. Sous le second consulat de Pompée, lors de l'inauguration du temple de Vénus Victorieuse, vingt éléphants, ou selon d'autres sources, dix-sept, combattirent dans le Cirque contre des Gétules lançant des javelots. Un seul éléphant rendit ce combat extraordinaire. Les pattes percées de traits, il rampa sur les genoux jusqu'à ses adversaires, leur arracha leurs boucliers et les jeta en l'air. Ceux-ci retombaient en tournoyant, pour le plus grand plaisir des spectateurs qui y voyaient un tour d'adresse de l'animal et non un effet de sa fureur...
2. Mais les éléphants offerts par Pompée, qui avaient perdu tout espoir de s'enfuir, implorèrent la pitié du peuple par des attitudes impossibles à décrire, comme s'ils se lamentaient sur eux-mêmes en gémissant. L'émotion des spectateurs fut telle qu'ils en oublièrent la présence du général et la générosité qu'il avait déployée en leur honneur : le peuple, tout entier, se leva d'un seul bloc en pleurant et lança des malédictions contre Pompée, qui d'ailleurs se réalisèrent bientôt.
3. Vingt éléphants combattirent aussi pour le dictateur César lors de son troisième consulat. Ils avaient pour adversaires cinq cents fantassins et tout de suite après, il y eut un deuxième combat: vingt éléphants porteurs de tour avec chacune soixante combattants contre cinq cents fantassins et autant de cavaliers. Dans la suite, sous les règnes de Claude et de Néron, les éléphants ne combattirent plus que, un à la fois, contre un gladiateur lors de son dernier combat.