Les héros de l'arène

Publié le par GO

 

Les héros de l'arène


Des inscriptions détaillent souvent le palmarès des meilleurs gladiateurs. Maximus, du ludus impérial de Capoue dans la première moitié du Ier siècle, fut quarante fois vainqueur et obtint trente-six couronnes (CIL, VI, 33952). Les combattant méritants pouvaient être récompensés par un affranchissement: les gladiateurs libérés (liberati, on dit aussi rudiarii) étaient alors dégagés de leur obligation de combattre. Certains, devenus riches, se transformaient en notables, propriétaires d'une belle maison de campagne tandis que leurs fils cherchaient à occuper au théâtre les places des chevaliers (Juvénal, III, 158). Mais ces carrières au dénouement heureux étaient l'exception: d'après les épitaphes, l'âge moyen du décès des gladiateurs était situé entre 20 et 30 ans. Il existe quelques situations exceptionnelles: une stèle du musée d'Istanbul montre deux gladiateurs, Néôn et Philémôn, réformés sans doute pour des raisons de santé (Hellenica, V, n°320).


Les gladiateurs les plus talentueux jouissaient d'une immense popularité: un thrace surnommé suspirium puellarum, « le soupir des jeunes filles » mettait en transe les femmes de Pompéi! Les nombreux graffiti qui mettent en scène les acteurs de l'arène témoignent aussi de cet engouement. Dans l'une de ses Satires, le poète Juvénal a raillé ces passions incontrôlées: Epia, une épouse de sénateur, abandonna son notable de mari pour suivre un aventurier, le célèbre Sergiolus, un gladiateur charismatique, magré son bras tailladé, son nez cassé et son oeil poché et l'accompagna jusqu'en Egypte (Juvénal, Satires, VI, 82-114).

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Publié dans LES GLADIATEURS

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