Les ludi
Les ludi
Les combattants étaient entraînés dans des casernes impériales installées dans les provinces. Des écoles impériales (ludi) étaient dispersées dans l'Empire: dans la péninsule ibérique (en Bétique et en Tarraconaise), en Gaule Narbonnaise (Nîmes, Narbonne, Draguignan, Dié)...; celle d'Aquilée et de Capoue étaient renommées. Dans la moitié orientale de l'Empire celle d'Ancyre, de Thessalonique, de Pergame, et d'Alexandrie étaient également réputées.
A côté de ces établissements impériaux, des ludi privés s'étaient multipliés. Toutefois, à Rome, la préparation des jeux constituait un monopole impérial. Quatre grandes écoles étaient implantées à proximité du Colisée: le ludus magnus, le ludus matutinus, le ludus dacius et le ludus gallicus. Leur plan était identique, simple et fonctionnel: des cellules d'habitation et de service se déployaient autour d'une aire d'entraînement. La plus célèbre de ces écoles fut le ludus magnus, la grande caserne. Son directeur était un personnage important car, pour la plèbe romaine comme pour l'empereur, l'organisation des spectacles occupait une place de choix dans la vie quotidienne de la cité. Cette charge bien payée (200 000 sesterces) avait les faveurs de l'empereur/ elle était propre à favoriser la carrière des chevaliers ambitieux. Mais nécessitait des hommes à poigne, car la discipline y était féroce.
Le ludus des chasseurs (ludus matutinus) existait déjà sous les règnes de Claude ou Néron, mais Domitien le restaura et créa une procuratèle équestre pour son commandement. Avec seulement 60 000 sesterces par an, ce poste était nettement moins bien payé que le précédent, moins prestigieux aussi. Les derniers siècles de la République furent l'âge d'or des ludi privés, Spartacus rendit célèbre celui de Lentulus Batiatus, situé à Capoue; César en possédait lui aussi un à Capoue.
A Pompéi, une caserne de gladiateurs qui occupait l'ancienne villa de M. Lucretius Fronto a été dégagée lors des fouilles entreprises à la fin du XVIIIème s. De nombreux graffiti gravés par les gladiateurs en souvenir de leurs victoires ou de leurs conquêtes amoureuses figurent sur les murs de cette demeure jadis somptueuse. L'urgence d'un espace plus vaste se fit sentir sous le règne de Néron et on aménagea le vaste portique situé derrière le mur de scène du théâtre. On créa des cellules au rez-de-chaussée et à l'étage, ainsi qu'une immense cuisine, une salle de réunion, et un appartement pour le laniste. La cour servait de terrain d'entraînement. Lors des premières fouilles en 1766, quinze casques furent découverts ainsi que d'autres pièces défensives (jambières et épaulières).