"Toi, tu regardes les courses; moi, je te regarde!" (Ovide)
"Toi, tu regardes les courses; moi, je te regarde!" (Ovide)
TEXTE LATIN
Non ego nobilium sedeo studiosus equorum;
cui tamen ipsa faves, vincat ut ille, precor.
Ut loquerer tecum, veni, tecumque sederem,
ne tibi non notus, quem facis, esset amor.
Tu cursus spectas, ego te : spectemus uterque
quod iuvat atque oculos pascat uterque suos.
O, cuicumque faves, felix agitator equorum !
Ergo illi curae contigit esse tuae ?
Hoc mihi contingat, sacro de carcere missis
insistam forti mente vehendus equis
et modo lora dabo, modo verbere terga notabo,
nunc stringam metas interiore rota;
si mihi currenti fueris conspecta, morabor,
deque meis manibus lora remissa fluent.
OVIDE, Amores, III, II, 1-14.
TRADUCTION
Ce n'est pas par goût que j'assiste aux courses de chevaux renommés, mais je souhaite que celui qui a tes faveurs remporte la victoire.
C'est pour parler avec toi que je suis venu, pour être assis près de toi, pour que l'amour que tu m'inspires, tu ne l'ignores pas.
Toi, tu regardes les courses; moi, je te regarde ! regardons chacun ce qui nous plaît et que chacun en repaisse ses yeux.
Heureux ton cocher favori, quel qu'il soit !
T'a-t-il jamais regardée celui dont tu te soucies?
Si cela m'arrive, je conduirai avec fermeté les chevaux sortis des loges sacrées. Tantôt je lâcherai la bride, tantôt je fouetterai leur dos, tantôt je raserai les bornes, avec ma roue gauche.
Mais si, en pleine course, je t'aperçois, je lâcherai tout et les rênes oubliées me glisseront des mains.
OVIDE, Les Amours, III, 2, 1-14.